6. Rabbi
Chimon Bar Yo’haï - le Maître des prières
Les prières dans ce lieu sont
propices pour : La réalisation de
vos prières, pour toutes les sortes
de délivrances et l'accès
au bonheur.
Rabbi Chimon Bar Yo’haï surnommé aussi
le Rachbi était un homme de miracles
et de prodiges. Il
fut une figure mystique même de son
vivant, et on reconnaît comme l’auteur
du Zohar, livre de base de la Cabale.
Il fut affublé du titre de Tana divin
et est considéré comme le père de la
Cabbale. Quand Rabbi Chimon se prépara
à quitter ce monde, ses disciples et
ses amis se réunirent auprès de lui.
Rabbi Chimon dit alors : En ces moments
précieux je vais vous révéler des secrets
que je n’ai révélé a personnes jusqu’à
ce jour ! » Rabbi Chimon s’enveloppa
d’un talith et commença à révéler de
nombreux mystères de la Torah ainsi
que des secrets des mondes supérieurs.
Alors qu’il commençait à réciter des
supplications, il cita le verset : «
Car c’est là que D. a placé sa bénédiction
de vie à tout jamais (Ps. 133,3). Il
n’avait pas fini de prononcer le mot
vie son âme s’envola. Une colonne de
feu aveuglante descendit du ciel, et
une lumière si intense envahit la chambre
que personne ne put y voir. La joie
gagna les mondes supérieurs a l’arrivée
de l’âme de Rabbi Chimon. Au moment
où il s’éteignit, sa face était rayonnante
car il avait révélé des secrets qu’il
avait gardés pour lui toute sa vie.
Treize ans en compagnie du prophète
Elie
Se cachant des romains, Rabbi Chimon
et son fils se réfugieront dans une
caverne. A l’entrée de celle-ci, Dieu
fait pousser un caroubier et jaillir
une source d’eau fraîche. C’est ainsi
que pendant treize ans, Rabbi Chimon
Bar Yo’haï et son fils séjournent dans
cette grotte, se nourrissant de caroubes
et buvant de l’eau. Pour ne pas user
leurs vêtements, ils les ôtent et s’enfoncent
jusqu’au cou dans le sable. Ainsi ils
consacrent tout leur temps à étudier
la Torah. On raconte que chaque jour
le prophète Elie venait leur enseigner
les secrets de la Torah.
Après 13 ans, en sortant de la grotte,
Rabbi Chimon rencontra son beau-père
qui se met à pleurer en voyant son gendre
écorché vif, par le contact du sable
sur sa peau. Rabbi Chimon le console
en lui disant qu’il n’aurait jamais
atteint un tel niveau de connaissances
et de sagesse s’il n’avait pas passé
toutes ces années dans la caverne.
La «Hilloula» de Rabbi Chimon bar Yo’haï
Le 18 Iyar, le jour où Rabbi Chimon
bar Yo’haï quitta ce monde, devient
la «Hilloula du Rachbi. » L’étymologie
du terme «hilloula» est Hallel – «louanges
à Dieu» . Le jour de Lag Baomer, il
s’accomplit une union suprême entre
les cieux et la terre. Tous les anges
de la famille céleste se réunissent
pour couronner Rabbi Chimon de la «sainte
couronne». En s’élevant, l’âme du défunt
provoque une union entre l’Eternel et
sa Che’hina (Or Hahama). Rabbi Moché
de Cordovéro dit : «Lorsque les grands
disparaissent, alors ils renouvellent
leur noces devant Dieu béni soit-Il
pour son Honneur. Cette idée de noces
suprême va très loin. Si tous les Tsadikim
connaissaient son sens profond, ils
se réjouiraient lors de leur départ
de ce monde. En effet, plusieurs armées
accompagnent l’authentique Tsadik qui
disparaît, car en allant au Gan Eden,
tous les anges entrent avec lui et exultent
en ce jour de son mariage» (Zohar).
Commémorations et réjouissances
La hilloula de Rabbi Chimon est célébrée
par des danses, des chants d’allégresse
et des feux de joie, dans les villes
saintes de Safed et spécialement à Méron.
Meron est une petite bourgade au sud
des monts de Galilée, située à 15 km
environ au nord-ouest du lac de Tibériade,
et à 15 km de Safed. Son nom signifie
"les eaux élevées" (Mé-rom). Le Tombeau
du Tsadik repose à l’intérieur d'une
grotte où une très belle synagogue fut
construite au troisième siècle, ornée
d’un beau fronton de pierre. Son fils
Rabbi Elazar repose à quelques mètres
de lui. A proximité, on y trouve les
tombes de Hillel et de ses disciples.
Depuis ce passé lointain, il est d’usage
d’allumer des lumières sur la tombe
du Rachbi, en présence d’une foule nombreuse.
Beaucoup de grands Tsadikim parlent
dans leurs écrits, avec émotion et respect,
de la majesté de cet endroit, et de
l’impression profonde qu’ils y ont ressentie.
Rabbi Moché Cordovéro, au moment où
il priait sur la tombe du Rachbi avec
ses disciples, déclarait : «Ici s’unissent
Dieu tout Puissant avec sa Présence…»
Chaque année, des milliers de Juifs
se rassemblent à Méron pour célébrer
sa Hilloula. les Juifs pieux, jeunes
et vieux, dansent dans un état d’inspiration
fervente. « Heureux es-tu, Bar Yo’haï
», chantent-ils. Ces mots qui forment
refrain reviennent souvent et résonnent
à travers les collines et les vallées
tout au long de la nuit.
Celui qui va se recueillir devant la
tombe du Tsadik et de son fils, en sort
profondément remué! Qui n’a pas vécu
un Lag Baomer à Méron ne sait pas ce
qu’est la vraie joie! Cette liesse débordante
générée par la ferveur de milliers de
pèlerins, venues en pèlerinage.