Il suffit d’avoir
la foi que « le Tsadik décrète et D.
accomplit.
«La perfection de l’âme dépend essentiellement
de notre attachement aux Tsadikim.»
(Sefer Alef Beth).
L’habitude de se recueillir sur les
tombes des Saints est très ancienne,
et remonte aux temps bibliques.
Nous sommes émerveillés par la vie exemplaire
de nos Tsadikim, les pères de la nation,
les prophètes, les rois, les docteurs
du Talmud et les sages des générations
plus tardives, et nous avons foi que
par leurs mérites, D. écoute et exhausse
nos prières. Toute la Torah, nous montre
l’importance des tombes de nos ancêtres
qui même après le départ de ce monde,
continue de là-Haut à nous guider. En
voici quelques exemples :
Jacob enterra Rachel à Beth Le’hem en
bordure de la grande route. Lorsque
le peuple juif fut exilé par Nabuchodonozor,
en passant dans cette direction, il
rencontra l’âme de Rachel. Voyant ses
enfants capturés et torturés, Rachel
éleva sa complainte vers le ciel. Elle
fut exaucée et la peine de ses enfants
allégée. Comme il est écrit dans Jérémie:
«une voix se fait entendre de Ramah.
Rachel pleure ses enfants...» et Dieu
répondit: «Ton acte sera récompensé...
et tes enfants retourneront à leurs
frontières.»
Si les gens connaissaient l’immense
valeur de Jacob au moment où l’Eternel
lui dit: «Je descendrai avec toi en
Egypte», les gens mangeraient la poussière
à trois lieues à la ronde, autour de
son Tombeau (Zohar II,4,5).
Pendant que le reste du peuple s’affairait
au butin, Moïse rechercha le cercueil
de Joseph que les mages, pour empêcher
les Enfants d’Israël de sortir, avaient
dissimulé en l’enterrant profondément
dans le Nil. Persuadé que la sortie
d’Egypte dépendait de la sortie du cercueil
du Tsadik, Moise n’eut de cesse de le
retrouver.
Pour vaincre les faux prophètes de Baal,
le prophète Elie pria abondamment sur
le mont Carmel, pour qu’un feu s’abatte
du Ciel et consume l’holocauste: «Réponds-moi,
Eternel, Réponds-moi!» Cependant il
ne fut exaucé que lorsqu’il mentionna
le mérite des Patriarches: « Dieu d’Abraham,
d’Isaac et de Jacob ...» Alors le feu
s’abattit (Roi I,18,36).
Lorsque les Enfants d’Israël firent
la faute du veau d’or, Moïse intervint
et prit leur défense durant quarante
jours et quarante nuits. Mais il ne
fut exaucé qu’après avoir rappelé le
mérite des Pères: «Souviens toi d’Abraham,
d’Isaac et d’Israël...» et Dieu renonça
au malheur qu’Il avait voulu infliger
à Son peuple.
Dans le Talmud, Rav ‘Hama bar ‘Hanina
nous enseigne: «Pourquoi la tombe de
Moïse fut-elle cachée? Parce que Dieu
savait que le peuple irait en exil.
Or si l’emplacement de la tombe de Moïse
était connu, ils s’y rendraient et s’écrieraient:
«Moïse, notre maître, réveille-toi et
prie pour nous! Fais-nous sortir d’exil…»
Moché se lèverait pour annuler le décret
et de suite ils seraient sauvés! Car
Dieu écoute plus la prière des Tsadikim
après leur mort que de leur vivant.»
Caleb pria les patriarches défunts d’intercéder
en sa faveur auprès de Dieu, afin d’être
préservé de complicité avec les autres
explorateurs. Ceci prouve, dit le Zohar
que la prière des morts peut protéger
les vivants. Rakanti ajoute que c’est
un argument à opposer à ceux qui prétendent
que c’est à Dieu seul qu’il convient
d’adresser ses prières.
En effet dans le Zohar (III,70b), Rabbi
‘Hizkiah et Rabbi Yessah se mirent un
jour à discuter: «Au moment où la justice
n’existe plus dans le monde, le monde
ne subsiste que par le mérite des Tsadikim.
Rabbi Yessah demanda alors: «Quand le
monde a besoin de pluie, pourquoi allons-nous
sur les tombes des Tsadikim? N’est-il
pas interdit de s’enquérir auprès des
morts?» (Deut. 18,11) Rabbi ‘Hizkiah
répondit: «Lorsque la Torah parle de
ne pas s’enquérir auprès des morts,
il s’agit de ceux qui sont vraiment
morts, les pêcheurs qui sont morts pour
toujours.» Alors que les Tsadikim comme
le roi David sont vivants pour l’éternité.
Dévoiler de nouvelles bontés
Sur le mont Nébo, Moise qui ne fit que
contempler la terre d’Israël, sans pouvoir
y pénétrer, scruta tout de même de son
regard tout le pays et vit la caverne
de Ma’hpéla où étaient enterré les patriarches.
«Il existe des gens si corrompus
que le mal s’est attaché fortement à
eux. Ils ne peuvent revenir vers Dieu,
si ce n’est en se rendant sur la tombe
des Tsadikim authentiques.»
La volonté du Tsadik est de progresser
constamment de niveaux en niveaux. Et
même quand il atteint les mondes les
plus élevés, il désire s’élever encore.
Comme il est impossible de monter sans
descendre auparavant, le Tsadik dans
ce monde doit passer par une succession
de montées et de descentes pour s’élever
un peu plus chaque fois. A sa mort,
son âme s’attache pour l’éternité au
caractère infini de Dieu, le Ein Sof.
Etant alors dépouillé d’enveloppe corporelle,
le Tsadik doué d’un pouvoir plus grand,
peut se fondre dans le Ein Sof. Mais
s’il ne descend pas, comment peut–il
monter dans le Ein Sof? Et comment peut-on
parler de descente à ce moment-là?
La partie la plus basse de l’âme du
Tsadik, le néfech, demeure toujours
dans la tombe. Quand une personne vient
se recueillir sur sa sépulture, et pleure
sur ses malheurs, le Tsadik descend
vers lui pour l’écouter. Ce mouvement
est considéré comme une descente et
permet ainsi au Tsadik de remonter plus
haut dans le Ein Sof et de répandre
de nouvelles bontés de Dieu (Likouté
Hala’hot).
Procurer du bien à un Juif, l’aider
et le faire remonter de là où il est
tombé pour le rapprocher de Dieu, est
l’essentiel de la tâche du Tsadik. Cela
lui procure un plaisir plus grand que
tous les délices du Paradis.